vendredi 8 janvier 2010

Spectacle théatral d'une nature imprévisible

Le 9 janvier 2010




Hier soir, je suis rentrée des Territoires du Nord à Alice Springs en compagnie d'un groupe relativement heureux de l'expérience "Safari in style". Le "style" laissait un peu à désirer, mais les repas étaient convenables (ce n'est pas parce qu'on est français qu'on est un grand chef), le guide un peu trop directif (les Australiens ont l'air plutôt inflexibles, dans le tourisme en tout cas) et un contact limité avec les Aborigènes qui, finalement, n'ont plus grand-chose à dire, un peu comme toutes les Premières Nations, dans nos pays qui ont évolué si rapidement au cours du dernier demi-siècle, alors qu'eux sont occupés à faire vivre leur passé.

Le point fort, une nature à jeter par terre, des couleurs incroyables et, la dernière nuit et dernière journée une pluie torrentielle, tropicale, la route fermée pendant un certain temps, des ruisseaux et rivières asséchés depuis des années coulant par-dessus la chaussée. La nature en folie.

Le moment divin est toujours celui où l'on se rend près du mont Uluru pour y voir le coucher du soleil. Pour nous, une journée passée sous un épais couvert nuageux ne présageait rien de bon. Est-ce qu'il arrive que la lumière s'éteigne simplement? Oui. Alors tous les touristes jettent un œil désespéré, puis blasé, en buvant un petit verre de mousseux, comme le veut la tradition de l'endroit. Il ne reste que quelques minutes. On ne verra rien. Mais… Regardez, il y a un peu de lumière à l'horizon, face au roc. Le guide dit "Ce n'est qu'une émanation, le soleil est beaucoup plus loin, à droite." Puis un peu plus de violet et d'oranger. En un mouvement général, à l'unisson, tous se précipitent vers la première ligne devant le roc. Voici ce qui s'est passé en quelques images qui ne capturent malheureusement pas toute l'immensité du moment et du lieu.


Ça ne s'annonce pas bien.


Tout va s'éteindre?


Un ruban de lumière à l'horizon



Le roc s'allume. Les spectateurs courent dans toutes les directions, vers leur caméra.


Le ciel s'embrase.


Le spectacle commence. Il durera une dizaine de minutes.


Le ciel fait tout ce qu'il peut.


Et il y ajoute un arc-en-ciel. Une fois dans une vie.


Puis, à l'horizon, tout s'éteint.


Un peu plus loin, les dômes du Kata Tjuka rentrent dans l'ombre. Le roc a lui aussi rapidement disparu.


Le lendemain matin, au lever du soleil, une lumière blanche n'est pas arrivée à faire sortir le roc de son épais duvet de nuages.

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