jeudi 29 décembre 2011

The sidewalks of Buenos Aires – Les trottoirs de Buenos Aires


It is the name of a French experience that did spread the myth about this city: In Paris, at the end of 1981, a group of young entrepreneurs decided to transform an old warehouse of Les Halles, into a Buenos Aires, tango, art and music club called “Les trottoirs de Buenos Aires”. The project knew a great success for over nine years when financial difficulties forced the place to close. But, by that time, Buenos Aires and tango, the dance and the music, had known an international revival and the French people were happy to boast that Carlos Gardel was born in Toulouse (a theory that is contested).

But things have changed. Today, the real sidewalks of Buenos Aires are in a very poor state of repair and, when not cleaned by the residents and restaurant’s owners, they are filthy with dogs’ droppings and decomposing garbage. You must watch where you step. It’s probably the most unpleasant aspect of my life here, with the constant noise of traffic and motorcycles, and the day-long barking of dogs left on balconies while their owners are gone to work.

To a North-American, it would seem so easy to pass a law forbidding to leave dogs on balconies, and set up a street cleaning program, starting with the training of garbage collectors who leave plastic bags behind, - which they do intentionally, as I have seen with my very own eyes-. Useless to say what happens to these bags! But people don’t seem to mind. It’s part of the customs, nobody complains. The next downpour will carry the filth further down the street. Nevertheless, when I take the garbage out, I make sure that my plastic bag is placed with an existing pile, very visible to the garbage men.

Security-wise, all seemed well, in spite of the fact that one may easily realize that, since the financial troubles of 2001 or likely before, security measures have multiplied: store’s door in tempered glass are locked and opened by an employee when a client shows up; large stores have security staff; 24-hour-security service in buildings is an important point of sale; all ground level windows are equipped with steel bars, and so on. Times are apparently a bit better though, and the social context is generally calm, hence my surprise, last night, to be awaken by a shouting and apparently running woman, screaming for help, at 3:00 a.m. As I live in an area that is known to be safe, I was myself a bit scared and could not see her or anyone else from my second floor balcony. Her voice disappeared quickly in the night and the foliage of the huge trees. That’s also Buenos Aires. ----------------



C’est le nom de l’expérience française qui a répandu le mythe de cette ville : à Paris, à la fin de 1981, un groupe de jeunes entrepreneurs décida de transformer un vieil entrepôt des Halles en un club argentin célébrant Buenos Aires, le tango, les artistes et les musiciens argentins. Ce lieu fut baptisé « Les trottoirs de Buenos Aires ». Le projet connut un grand succès pendant plus de neuf ans, mais les difficultés financières entrainèrent la fin de l’expérience. Cependant, à ce moment-là, Buenos Aires et le tango, danse et musique, avaient connu un nouveau souffle international et les Français étaient trop heureux de dire que Carlos Gardel était né à Toulouse.

Mais les choses ont changé. Aujourd’hui, les vrais trottoirs de Buenos Aires sont en piètre état et, lorsqu’ils ne sont pas balayés et arrosés par les résidents et les propriétaires de restaurants, ils sont souillés de crottes de chiens et de déchets en décomposition. Il faut regarder où on pose les pieds. C’est probablement l’aspect le plus désagréable de ma vie ici, avec le bruit constant des automobiles et des motocyclettes, et les aboiements de chiens laissés pour la journée sur les balcons d’appartements dont les propriétaires sont partis travailler.

Pour une Nord-Américaine, il paraitrait tellement simple de passer une loi municipale interdisant de laisser les chiens sur les balcons et d’établir un programme de nettoyage des rues et de réparation des trottoirs, à commencer par la formation des éboueurs qui laissent intentionnellement des sacs d’ordures derrière eux, comme je l’ai vu faire de mes propres yeux. Inutile de dire ce qu’il advient de ces ordures! Mais ça n’a l’air de déranger personne, ça fait partie de la vie quotidienne et personne ne se plaint. Le prochain orage diluvien transportera ces saletés un peu plus loin. Néanmoins, quand je sors mes ordures, je m’assure de placer mon sac sur une pile existante qui est très visible pour les éboueurs.

Sur le plan de la sécurité, tout me paraissait bien, malgré mon observation du fait que, depuis les problèmes financiers de 2001, comme on me l’a expliqué, les mesures de sécurité se sont multipliées : portes de magasins en verre trempé verrouillées en permanence et ouvertes par un employé quand un client se présente, grands magasins avec gardes de sécurité un peu partout, service de sécurité 24 heures sur 24 dans les grands édifices d’habitation annoncé comme un important point de vente, toutes les fenêtres de rez-de-chaussée équipées de barres d’acier, etc. Les temps sont apparemment meilleurs maintenant, et le contexte social est généralement calme. De là ma surprise, la nuit dernière, de me faire réveiller par les cris d’une femme qui courrait sur ma rue en appelant au secours, à 3:00 du matin. Comme je vis dans un quartier reconnu pour sa sécurité, j’avais moi-même un peu peur et ne pouvait pas réussir à voir ce qui se passait de mon balcon, à l’étage. La voix a rapidement disparu dans la nuit et le feuillage des grands arbres. C’est ça aussi, Buenos Aires.

Entre deux colonnes de soutien de la grande épicerie devant chez moi, un sans-domicile-fixe a établi résidence. Quand le soleil est trop chaud, il va s'asseoir à l'ombre d'un arbre.
Between two columns of the grocery across the street from my apartment, a street person has established his residence, When the sun is too hot, he sits in the shadow of a tree.

Pas de poinsettias pour Noël, mais du jasmin à profusion.
No poinsettias for Christmas, but a massive harvest of jasmine.

Ces odoriférants bouquets parfument de nombreux coins de rue de la ville où abondent les kiosques de fleuristes...
These lovely bouquets are sold at street corners where many flower stands are found...

 ...et les stands de journaux et magazines.
...as well as news stands.
 Ce sont les lieux préférés des gens de la rue qui semblent connaître tous les passants.
These corners are usually the preferred spots of the street people who seem to know every passers-by.