(Lecteurs, lisez d'abord le 16 février, plus bas.)
J'ai abandonné l'idée de la ballade à dos d'éléphants et autres tours pour lesquels on demande des prix vraiment excessifs du genre 120 $US pour une heure. Je profiterai donc de la journée pour me reposer et écrire. Je pourrai nourrir mon blog si j'arrive à me raccorder à Internet. Le centre d'affaires de mon hôtel-palace-sans-argent ne fonctionne guère mieux que tout le reste. On peut imaginer ce que doit être la vie au quotidien pour les gens d'ici et toutes les frustrations auxquelles il faut faire face. Pourtant, les gens sont gentils partout et ils gardent le sourire.
Les deux préposées sont maintenant parties, la première pour chercher le spécialiste maison en communication (surtout pour aller prendre le thé); l'autre ne connaît pas grand-chose.
Tiens, voici le préposé à l'entretien électrique. Il pleut et la soucoupe ne fonctionne pas. Même les téléviseurs sont morts.
Je suis allée boire un café au bar. Pas de café après le petit déjeuner. J'ai enfilé un petit coup d'Amarula, question de me réconforter.
Une heure plus tard, j'apprends que le 'système' ne peut accommoder d'autres ordis que ceux du centre et que, d'autre part, le wi-fi ne fonctionne pas depuis plus d'une semaine. Le technicien doit venir de la capitale, Harare (à 800 km), pour réparer. Quand? On ne sait pas.
Je rentre demain à Johannesburg. La prochaine fois que je voudrai voir des chutes, j'irai à Niagara.
Merveilleuses Chutes Victoria qui, en s'engouffrant dans la gorge, créent par leur crachin une forêt pluviale sur la rive opposée. J'ai fait le sentier au complet. Malgré l'imper, j'étais détrempée. Pas grave! J'ai séché sur le chemin du retour.
''Dr. Livingston, I presume?''
Les Noirs du Zimbabwe, comme ceux de l'Afrique du Sud, sont beaux. J'ai promis à ces jeunes de leur envoyer cette photo par courriel, ce dont je m'acquitterai dans quelques minutes. Pendant que je visitais le marché d'artisanat, ils se sont débattus pour trouver une adresse Internet.
Vue du nuage de crachin, de ma chambre d'hôtel. La publicité dit ''The cloud that thunders''
Le 16 février
Les aléas inhérents aux voyages en pays étrangers.
Auparavant, quelques mots sur dimanche dernier, alors que je suis allée visiter Soweto, à une soixantaine de kilomètres de Johannesburg. Le musée Hector Jamiesson, les photos des manifestations étudiantes des années 70 alors qu'on essayait d'imposer l'afrikaan comme langue unique d'enseignement, et tout ce qui s'en est suivi. Je m'en souviens très bien. Puis la visite de la maison de Nelson Mandela. Une journée extrêmement émouvante. J'en ai encore des frissons.
Mais revenons à la suite de mon périple et ses aléas. J'allais donc essayer d'acheter un court séjour aux Chutes Victoria et peut-être un tour guidé vers Le Cap. Voici ce que j'ai découvert :
Il semble exister une taxe additionnelle pour les détenteurs de passeports étrangers (à tout le moins en Afrique du Sud où les prix sont déjà élevés. Certaines agences l'avouent, d'autres pas.)
En arrivant au Zimbabwe, j'ai eu la fâcheuse surprise de découvrir que, détentrice d'un passeport canadien, je devais payer des frais de visa d'entrée de 75 $ US au lieu de 55 $ US, tel qu'indiqué dans le dépliant de l'agence. Pour quatre jours, c'est cher, non? (Je me suis bien vidé le cœur auprès de l'agent d'accueil, ce qui, je crois, m'a valu une suite au Elephant Hills où je n'avais réservé qu'une chambre standard. C'est plus grand que mon apart!!!) De plus, l'entrée dans le parc national m'a également coûté 25 % de plus que les autres qui avaient des passeports de l'Afrique du Sud.
Le Zimbabwe n'a plus de monnaie en vigueur, je devrais dire n'a plus d'espèces en cours. On y utilise les dollars américains et les rands sud-africains, mais jamais personne n'a argent, même au bar de l'hôtel.
On prévient les touristes de ne pas emporter trop de liquidités. (Rassurant!). Au grand dam de mes amis, je suis quand même partie pour les Chutes Victoria, côté Zimbabwe. Les photos suivront.
Au programme : une petite croisière de fin de journée sur le puissant Zambezi, fleuve qui alimente les chutes, trekking le long des célèbres chutes, ballade à dos d'éléphant, marché d'artisanat. De retour à Johannesburg jeudi.
Le lendemain
Hier soir, la petite croisière était très agréable, avec hippos, crocos et tout. Aujourd'hui, les chutes étaient franchement spectaculaires. Après l'excursion, on veut tous passer par la banque avant d'aller au marché d'artisanat. Impossible de retirer de l'argent dans les banques qui n'ont pas d'appareil de lecture de cartes de crédit et où on ne peut pas utiliser les cartes de débit. Impossible même de trouver à changer 100 rands (14 $ CAN) question de laisser un petit pourboire au guide. Dans mon grand hôtel-palace, réception, bureau de services à la clientèle, trois boutiques, agence de visites guidées, personne n'a de monnaie pour un billet de 100 rands. Je vais au bar commander un sandwich et payer en me disant qu'on me remettra bien quelques billets. Impossible, aucun argent dans les coffres.
J'ai l'impression de vivre dans l'univers du Prisonnier (Patrick McGohan), une série télévisée britannique des années soixante, où les prisonniers sont retenus dans un univers parfait en apparence, mais où rien ne fonctionne.
Le ''Mighty Zambezi''
Il abreuve les Chutes Victoria dont on voir le crachin en arrière-plan.
Le thème de cette mini-croisière : les rhinos. J'en ai filmé plusieurs.
Et l'aigle chasseur de poissons.